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La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % pour la quatrième fois lors de son annonce d’avril 2026

La Banque du Canada maintient fermement les coûts d’emprunt au pays, choisissant de laisser son taux d’intérêt de référence – appelé taux de financement à un jour – inchangé à 2,25 % pour une quatrième annonce consécutive.

Ce taux de référence sert à établir le taux préférentiel des prêteurs canadiens et, par extension, celui des produits financiers à taux variable tels que les prêts hypothécaires à taux variable, les marges de crédit hypothécaire, les CPG et certains types de prêts. Le mois d’avril marque le septième mois consécutif durant lequel il demeure inchangé depuis la dernière baisse de taux de la Banque, en octobre 2025.

À la suite de ce maintien des taux, le taux préférentiel utilisé par la plupart des banques canadiennes restera à 4,45 %, et il n’y aura aucun changement dans les taux d’intérêt ni dans les paiements des emprunteurs utilisant ces produits à taux variable.

Visionner: Annonce de la Banque du Canada du 29 avril 2026

La Banque du Canada continue de mener une politique monétaire sur la corde raide

Le maintien des taux annoncé aujourd’hui n’a rien de surprenant : la Banque a toujours clairement indiqué qu’elle adoptait une approche « attentiste » face à la volatilité persistante qui affecte les marchés mondiaux – et celle-ci ne s’est pas démentie. La guerre prolongée en Iran constitue actuellement le principal facteur influençant les marchés mondiaux et, en l’absence de résolution claire à l’horizon, il est difficile d’en mesurer pleinement les répercussions économiques.

La plus grande menace demeure la fermeture actuelle du détroit d’Ormuz, qui a entraîné une forte hausse des prix du pétrole. Cela ne se traduit pas uniquement par une augmentation des prix à la pompe, mais provoque également des perturbations dans les aéroports, les compagnies aériennes réduisant leurs liaisons et répercutant des surcoûts afin de préserver leurs réserves de carburant et leurs marges bénéficiaires. L’incidence de la hausse des prix du carburant commence aussi à se faire sentir dans les chaînes d’approvisionnement, affectant autant les marchandises transportées par camion que les produits dérivés du pétrole.

Tout cela exerce une pression à la hausse sur le rythme de croissance de l’inflation – et c’est précisément ce qui préoccupe les banques centrales. La Banque du Canada a pour mandat de maintenir l’inflation annuelle dans une fourchette cible de 2 %. Un taux supérieur à ce seuil inciterait généralement la Banque à relever son taux directeur, ce qui rendrait les emprunts plus coûteux pour les entreprises et les consommateurs et freinerait la consommation. À l’inverse, lorsque l’inflation est inférieure à 2 %, cela signale une économie atone, et la Banque réagit en abaissant son taux afin de stimuler les dépenses et les investissements.

Cependant, les responsables de la Banque ont indiqué qu’ils « ne tiendraient pas compte » de l’incidence de la hausse des prix du pétrole sur l’inflation tant que celle-ci ne se répercutera pas sur d’autres catégories de dépenses et n’entraînera pas une inflation plus élevée et durable.

Mais la Banque ne fait pas face uniquement à des pressions inflationnistes à la hausse : l’incidence de la politique commerciale imprévisible des États-Unis sur l’économie canadienne reste à déterminer, tout comme la possibilité de nouveaux droits de douane surprises.

Dans sa déclaration préliminaire lors de l’annonce d’aujourd’hui, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a déclaré que, compte tenu du fait que « l’incertitude est exceptionnellement élevée », la politique monétaire doit faire preuve de souplesse.

Il a précisé que les prévisions de base de la Banque reposent sur un retour des prix du pétrole à 75 dollars américains le baril d’ici 2027 et sur l’absence de nouveaux droits de douane imposés au Canada. Si ce scénario se concrétisait, il viendrait appuyer la stratégie actuelle de maintien des taux.

Mais si la situation venait à se détériorer, la Banque sera contrainte de s’adapter – et les taux pourraient évoluer dans un sens comme dans l’autre.

« Si les États-Unis imposaient de nouvelles restrictions commerciales importantes au Canada, nous pourrions devoir réduire davantage le taux directeur afin de soutenir la croissance économique », a déclaré M. Macklem.

« À l’inverse, si les prix du pétrole continuent d’augmenter, et en particulier s’ils demeurent élevés, le risque que la hausse des prix de l’énergie se transforme en une inflation généralisée et durable s’accroît. Si cela devait se produire, la politique monétaire aurait davantage de travail à accomplir – il pourrait être nécessaire de procéder à des hausses consécutives du taux directeur. »

J’ai un prêt hypothécaire à taux variable. Quelle est l’incidence de ce maintien des taux sur ma situation?

Selon la perspective adoptée, le fait que la Banque maintienne un cycle de taux prolongé constitue à la fois une bonne et une moins bonne nouvelle pour les emprunteurs. Ce n’est pas une excellente nouvelle pour ceux qui attendaient une nouvelle baisse des taux d’intérêt, mais cela annonce une période de stabilité pour tous ceux qui détiennent actuellement un prêt hypothécaire à taux variable, puisque leur taux d’intérêt, le montant de leurs mensualités ou la part de celles-ci consacrée aux intérêts ne changeront pas.

Par ailleurs, les taux hypothécaires variables offerts aujourd’hui demeurent très attrayants : le taux variable sur cinq ans le plus bas au Canada se situe toujours à 3,35 %. Bien qu’il soit encore nettement supérieur aux taux planchers observés pendant la pandémie en 2021 et 2022, il reste inférieur aux taux élevés avoisinant les 5 % auxquels les emprunteurs ont été confrontés en 2023 et pendant une grande partie de 2024.

À l’heure actuelle, un taux hypothécaire variable offre véritablement le meilleur rapport qualité-prix aux emprunteurs – mais selon la capacité de la Banque à contenir les pressions inflationnistes, cet avantage pourrait être de courte durée. Il est important, pour toute personne envisageant un taux variable, de s’assurer qu’elle dispose de la tolérance au risque ou de la marge budgétaire nécessaires pour absorber toute hausse potentielle des taux.

Ce gel des taux aura-t-il une incidence sur les taux hypothécaires fixes?

Si vous détenez déjà un prêt hypothécaire à taux fixe, le maintien du taux actuel n’aura aucune incidence sur vos paiements; votre taux restera inchangé jusqu’à son renouvellement à la fin de votre contrat.

De plus, contrairement aux produits de crédit à taux variable, la politique de taux de la Banque du Canada n’influence pas directement les taux fixes. Elle a toutefois une incidence sur le marché obligataire, sur lequel s’appuient les prêteurs pour fixer leurs taux fixes. Bien que le maintien des taux d’aujourd’hui ait été largement anticipé par les investisseurs et déjà intégré dans les rendements obligataires, ces derniers demeurent globalement élevés depuis la mi-mars, ce qui a amené les prêteurs à relever leurs offres à taux fixe. Plus précisément, le rendement des obligations à cinq ans du gouvernement du Canada – qui sert de référence pour la tarification des taux fixes sur cinq ans – s’est stabilisé autour de 3,1 % depuis que la volatilité liée au pétrole et à la guerre s’est imposée sur les marchés. Cela a incité les prêteurs à augmenter leurs taux fixes de 25 à 40 points de base au cours des dernières semaines.

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Encore une fois, cela n’a aucune incidence sur les personnes ayant déjà souscrit un prêt hypothécaire à taux fixe, mais cela signifie que celles qui sont actuellement à la recherche d’un taux voient les prix augmenter rapidement. 

En résumé, pour toute personne à la recherche d’un taux hypothécaire, l’essentiel est de bloquer un taux dès que possible afin de préserver l’accès aux conditions actuelles; cela vaut également pour ceux qui envisagent un taux variable, car cela permet de conserver l’écart actuel entre le taux de leur prêteur et le taux préférentiel.

Quelle est la prochaine étape pour ce marché immobilier printanier calme?

Le marché immobilier canadien du printemps a été plus calme qu’à l’habitude – et la hausse des taux hypothécaires fixes en est en grande partie responsable, selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI). Les ventes sont restées pratiquement stables en mars par rapport au mois précédent, reculant de 0,1 % par rapport à février et de 2,3 % par rapport à la même période en 2025.

La légère hausse des coûts d’emprunt ces derniers mois a ajouté une couche supplémentaire d’incertitude dans la prise de décision des acheteurs. Les ménages sont déjà aux prises avec la volatilité économique – d’abord attribuable à la politique tarifaire erratique des États-Unis, puis à la forte hausse du coût de la vie – et se montrent moins enclins à s’engager dans un achat financier aussi important que celui d’une propriété.

Ces facteurs ont amené l’ACI à revoir à la baisse ses prévisions initiales pour les marchés de 2026 et 2027 – même si le fait que les taux aient atteint un plancher théorique pourrait inciter les acheteurs motivés à passer à l’action dès maintenant, avant une éventuelle remontée des coûts d’emprunt.

En fin de compte, il faudra attendre pour voir; l’évolution des coûts d’emprunt (et l’abordabilité globale pour les consommateurs) dépendra de la durée de la fermeture du détroit d’Ormuz et de l’intensité de la pression exercée sur les prix du pétrole. Les emprunteurs, malheureusement, n’ont d’autre choix que de suivre l’évolution de la situation.

La prochaine annonce de la Banque du Canada est prévue pour le 10 juin 2026.

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Penelope Graham, Directrice des contenus

Penelope Graham a plus de dix ans d'expérience dans le domaine de l'immobilier, des hypothèques et de la finance. Ses commentaires sur le marché du logement sont publiés dans les médias nationaux et locaux.