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La Banque du Canada maintient son taux directeur à 2,25 % pour la cinquième fois de suite dans son annonce de juin 2026

Points clés :

  • La Banque du Canada a maintenu son taux directeur à 2,25 % pour la cinquième fois consécutive.
  • Par conséquent, le taux préférentiel des prêteurs canadiens demeurera à 4,45 %.
  • Le taux d’intérêt des produits liés au taux préférentiel – comme les prêts hypothécaires à taux variable, les marges de crédit hypothécaire et certains prêts – restera inchangé. Le rendement de certains produits d’épargne et de placement, comme les CPG et les comptes d’épargne à intérêt élevé, demeurera également le même.

La Banque du Canada a une fois de plus choisi de maintenir la stabilité des coûts d’emprunt, dans un contexte économique de plus en plus volatile. La banque centrale a maintenu son taux de financement à un jour – qui sert à établir les taux préférentiels des prêteurs et, par extension, les produits d’emprunt à taux variable – à 2,25 %, niveau auquel il se trouve depuis octobre 2025. 

En raison de ce cinquième maintien consécutif du taux, le taux préférentiel utilisé par les prêteurs aux particuliers restera à 4,45 %. Cela signifie que les taux d’intérêt des divers produits d’emprunt liés au taux préférentiel – notamment les prêts hypothécaires à taux variable, les marges de crédit hypothécaire et certains types de prêts personnels – demeureront inchangés. Il en sera de même pour les véhicules de placement et d’épargne indexés sur le taux préférentiel, comme les certificats de placement garanti (CPG) et les comptes d’épargne à intérêt élevé.

Ce dernier maintien du taux était-il anticipé par les marchés?

Ce maintien était largement prévu par les marchés et les économistes, malgré des données économiques mitigées en amont de l’annonce. La Banque a dû peser à la fois des signaux positifs et négatifs pour déterminer la bonne trajectoire des taux d’intérêt. Parmi ceux-ci figurent un rapport sur le marché du travail de mai plus solide qu’anticipé, qui fait état de 88 000 emplois créés le mois dernier, ainsi que les plus récentes données sur l’inflation, lesquelles révèlent que la hausse des prix a bondi de 2,4 % à 2,8 % en avril; pris isolément, ces deux rapports pourraient plaider en faveur d’une hausse du taux directeur.

D’un autre côté, des vents contraires persistants appellent à la prudence : le conflit en cours en Iran demeure l’une des principales préoccupations de la Banque, tout comme l’incertitude entourant la renégociation de l’ACEUM; si une part plus large des marchandises canadiennes perdait son statut d’exemption tarifaire, cela provoquerait de nouveaux bouleversements économiques pour le pays.

« Le conflit au Moyen-Orient en est maintenant à son quatrième mois, indique le communiqué accompagnant l’annonce de la Banque. La hausse des prix de l’énergie et les perturbations des chaînes d’approvisionnement mondiales qui en découlent pèsent sur la croissance de l’économie mondiale et font monter l’inflation. En même temps, l’administration américaine continue de proposer de nouveaux droits de douane, et l’incertitude entourant les politiques commerciales demeure élevée. »

La Banque a également dû tenir compte du plus récent rapport sur le PIB, qui fait état de deux trimestres consécutifs de contraction économique – ce qui signifie que l’économie canadienne peut désormais être qualifiée de récession au sens technique du terme. La Banque a toutefois souligné qu’elle s’attend à un rebond de la croissance au deuxième trimestre de cette année. Elle continuera de faire abstraction de ce choc et d’autres perturbations temporaires, à moins que d’autres surprises économiques ne viennent bousculer ses perspectives, ou que l’inflation ne commence à s’emballer.

« Dans ce contexte général, le Conseil de direction a décidé de maintenir le taux directeur à 2,25 % », indique le communiqué de la Banque.

« L’activité économique au Canada a été faible, et l’incertitude entourant la politique commerciale américaine persiste. Le conflit au Moyen-Orient se poursuit, et les prix du pétrole demeurent élevés. Le Conseil de direction continue de regarder au-delà de l’impact à court terme de la guerre sur l’inflation globale, mais ne laissera pas les prix plus élevés de l’énergie se transformer en inflation persistante. Selon l’évolution des perspectives, nous restons prêts à réagir au besoin. La Banque s’engage à préserver la confiance des Canadiennes et Canadiens dans la stabilité des prix pendant cette période de bouleversements mondiaux. »

10 juin 2026 : Annonce de la Banque du Canada

Quel sera l’effet de ce maintien du taux sur mon prêt hypothécaire à taux variable?

Le fait que la Banque ait à nouveau maintenu son taux directeur se traduit par une stabilité prolongée pour quiconque détient déjà un prêt hypothécaire à taux variable : ces emprunteurs ne verront aucun changement à leur taux d’intérêt, à leur paiement mensuel, ni à la portion de leur paiement affectée au service de la dette.

Pour ceux qui magasinent un taux variable, le message est ambigu : si un maintien signifie que les taux ne baisseront pas – et ne le feront vraisemblablement pas pour le reste de l’année, selon les derniers commentaires de la Banque – les taux variables offerts demeurent néanmoins les plus bas au Canada. Actuellement, le terme variable de cinq ans le plus bas disponible est de 3,35 %, soit un écart de 69 points de base par rapport au taux fixe de cinq ans le plus bas, établi à 4,04 %. Sur un prêt hypothécaire de 500 000 $, cela représente 182 $ de moins par mois.

Cela dit, comme la Banque continue de composer avec des pressions inflationnistes liées à la hausse des prix découlant de la fermeture du détroit d’Ormuz, il est possible que les taux variables augmentent d’ici la fin de 2026 ou au début de 2027. Toute personne envisageant un prêt hypothécaire à taux variable devrait s’assurer d’avoir une marge de manœuvre budgétaire suffisante pour absorber des paiements mensuels plus élevés, et évaluer sa tolérance globale au risque quant à l’évolution des perspectives de la Banque.

Quel est l’effet d’un maintien du taux de la Banque du Canada sur mon prêt hypothécaire à taux fixe?

Sur le plan théorique, aucun; le taux de la Banque du Canada n’influence directement que les taux préférentiels canadiens et, par extension, les taux hypothécaires variables. Cela ne signifie pas pour autant que les taux fixes sont à l’abri des décisions de la Banque en matière de taux – en fait, ils y sont passablement exposés, par les réactions que ces décisions suscitent sur le marché obligataire.

Étant donné que les taux hypothécaires fixes sont établis en fonction des rendements obligataires – et que les investisseurs ont tendance à faire monter ces rendements lorsqu’ils anticipent des hausses des taux des banques centrales – le maintien annoncé aujourd’hui ne devrait guère faire bouger les taux fixes. Les marchés ont déjà bien intégré le maintien du taux de la Banque, de même que les attentes selon lesquelles la Réserve fédérale américaine – l’homologue américaine de la Banque du Canada – maintiendra également ses taux élevés pour un avenir prévisible.

Bien que les rendements obligataires et les taux hypothécaires fixes aient grimpé de façon marquée tout au long d’avril et du début mai – ces derniers ayant augmenté de 25 à 40 points de base chez les prêteurs canadiens – ils se sont depuis stabilisés. Les taux fixes resteront vraisemblablement stagnants à moins d’avancées considérables vers la fin du conflit en Iran ou la réouverture du détroit d’Ormuz. 

Quel sera l’effet de l’annonce de la Banque du Canada de juin sur le marché immobilier canadien?

Après plusieurs mois de morosité, les ventes immobilières au Canada ont légèrement progressé en avril, en hausse de 0,7 %, les données suggérant des signes de stabilisation.

Toutefois, bon nombre d’acheteurs sont toujours freinés par l’incertitude économique – rien de tel qu’une récession technique pour éroder la confiance des consommateurs. Il leur est difficile de s’engager dans une décision financière d’envergure dans le contexte actuel.

Cela dit, alors qu’il devient de plus en plus évident que les taux d’intérêt ne baisseront pas de façon significative de sitôt, un récit émerge : le marché aurait atteint son creux en ce qui a trait aux prix et à l’accessibilité globale. Cela pourrait convaincre les acheteurs déjà motivés de finalement passer à l’action. Des signes d’effervescence sont déjà perceptibles dans certains marchés locaux : les plus récentes données du Toronto Regional Real Estate Board indiquent que les ventes résidentielles à Toronto ont bondi de 10 % entre avril et mai, et de 6,3 % sur un an. 

La question de savoir si les acheteurs continueront d’entrer sur le marché dépendra en grande partie de leur confiance – et de leur réaction à l’évolution probable des taux d’intérêt.

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Penelope Graham, Directrice des contenus

Penelope Graham a plus de dix ans d'expérience dans le domaine de l'immobilier, des hypothèques et de la finance. Ses commentaires sur le marché du logement sont publiés dans les médias nationaux et locaux.