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Les conditions d’abordabilité se sont détériorées dans tous les marchés immobiliers canadiens en mai

Rapport sur l’abordabilité du logement de mai 2026 de Ratehub.ca

Points à retenir :

  • La hausse combinée des prix des maisons et des taux hypothécaires a fait reculer l’abordabilité du logement en mai.
  • C’est à St. John’s que l’abordabilité s’est détériorée le plus.
  • De grands marchés, comme Toronto et Vancouver, montrent des signes de reprise de la demande des acheteurs et de la croissance des prix.

Les acheteurs canadiens qui souhaitent faire l’acquisition d’une propriété pourraient voir leur fenêtre d’abordabilité se refermer; selon les données les plus récentes de Ratehub.ca montrent qu’en mai, il est devenu plus difficile d’acheter une maison dans tous les grands marchés du pays. 

Cette étude, menée chaque mois, permet de suivre en temps réel l’évolution des conditions d’abordabilité dans 13 des plus grands marchés du Canada. Elle établit l’abordabilité en fonction du revenu qu’un emprunteur devrait gagner pour être admissible à une hypothèque sur la maison au prix moyen de son marché local, en tenant compte des données immobilières nationales, des variations des taux hypothécaires et du test de résistance hypothécaire.

Les prix des maisons et les taux hypothécaires ont tous deux augmenté en mai

En mai, les conditions d’achat ont commencé à se raffermir partout au Canada, ce qui a exercé une légère pression à la hausse sur les prix; selon l’Association canadienne de l’immeuble (ACI), les transactions immobilières ont augmenté de 5,5 % par rapport à avril, et le prix moyen national des maisons a dépassé les 700 000 $ pour la première fois en presque deux ans.

Les taux hypothécaires ont eux aussi légèrement augmenté en mai : selon l’étude de Ratehub, le taux fixe moyen sur cinq ans des grandes banques canadiennes est passé à 4,49 %, contre 4,47 % en avril. Le taux du test de résistance hypothécaire, qui ajoute deux points de pourcentage au taux contractuel obtenu par l’emprunteur auprès de sa banque, a quant à lui grimpé à 6,49 %. 

Bien qu’on n’observe qu’une légère hausse par rapport à avril, la combinaison de prix et de taux plus élevés a suffi à éroder l’abordabilité globale.

Voici comment la situation a évolué partout au pays. 

Mai 2026 : combien fallait-il gagner pour acheter une maison au Canada?

Selon les données, c’est à St. John’s que la hausse a été la plus marquée, avec un revenu supplémentaire de 2 800 $ requis pour acheter une maison au prix moyen. Dans ce scénario, l’emprunteur de St. John’s paierait 75 $ de plus par mois sur son paiement hypothécaire, soit 900 $ de plus par année, en mai comparativement à s’il avait acheté en avril. 

À Montréal, en revanche, la hausse a été la plus faible, avec seulement 10 $ de revenu supplémentaire requis pour acheter une maison au prix moyen. Cela n’a pratiquement aucune incidence sur l’abordabilité. Dans ce scénario, l’emprunteur montréalais paierait seulement 1 $ de plus par mois sur son paiement hypothécaire en mai comparativement à s’il avait acheté en avril.

Les conditions se sont aussi légèrement resserrées dans certains des marchés immobiliers les plus chers du Canada; à Toronto et à Vancouver, le revenu requis a augmenté respectivement de 780 $ et de 900 $. Il s’agit d’un revirement par rapport aux mois précédents, où la demande atone et l’afflux de stocks avaient freiné la croissance des prix dans ces villes; ce printemps, toutefois, un mélange de moment opportun et de discours sur la hausse des taux hypothécaires semble inciter les acheteurs qui avaient remis leur décision d’achat à passer à l’action.

L’immobilier deviendra-t-il plus abordable au Canada en 2026?

Étant donné la volatilité persistante des marchés en raison de la guerre en Iran, il est difficile de prévoir l’évolution des taux hypothécaires et de savoir s’ils contribueront à améliorer l’abordabilité du logement au Canada cette année. La fermeture prolongée du détroit d’Ormuz a exercé une pression considérable à la hausse sur les prix du pétrole et sur l’inflation à l’échelle mondiale, un facteur que la Banque du Canada a dû prendre en compte dans ses décisions sur les taux, même si elle continue pour l’instant de maintenir son taux directeur. 

Par ailleurs, les rendements obligataires, qui déterminent le prix des taux hypothécaires fixes, sont élevés depuis le début de mars, les investisseurs réagissant aux mêmes tensions géopolitiques et pressions inflationnistes. L’ACI estime toutefois qu’il y a lieu d’être optimiste, les données sur les ventes printanières montrant des signes encourageants de retour de la demande, ce qui entraîne un rééquilibrage des stocks et une stabilisation des prix des maisons.

Si cette tendance se maintient, et en l’absence de nouvelles surprises économiques, l’association nationale prévoit une amélioration progressive de la demande immobilière pour le reste de l’année, accompagnée d’une reprise lente de la croissance des prix.

Penelope Graham, Directrice des contenus

Penelope Graham a plus de dix ans d'expérience dans le domaine de l'immobilier, des hypothèques et de la finance. Ses commentaires sur le marché du logement sont publiés dans les médias nationaux et locaux.