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Hausse de taux d’octobre 2026 de la Banque du Canada : ce que cela signifie pour les prêts hypothécaires et le marché immobilier

À retenir :

  • Le 28 octobre, la Banque du Canada a relevé son taux du financement à un jour de 2,25 % à 2,50 %. Il s’agit de sa première hausse de taux en plus de trois ans.
  • Les taux hypothécaires variables augmenteront bientôt pour refléter ce changement. Les plus bas taux variables au Canada passeront de 3,45 % à 3,70 %.
  •     L’incidence sur le marché immobilier sera négative, mais possiblement modeste.

Le 28 octobre 2026, la Banque du Canada a relevé son taux du financement à un jour, qui est passé de 2,25 % à 2,50 %. C’était la première fois en un an que la Banque modifiait ce taux, et il s’agissait de sa première hausse depuis juillet 2023.

Une hausse de taux était largement attendue, mais rien n’était joué d’avance. La hausse de l’inflation, alimentée par l’effet de la guerre en Iran sur les prix du pétrole, plaidait en faveur d’un relèvement, tandis que la faiblesse perçue de l’économie canadienne aurait pu justifier un maintien du taux.

Mais la Banque a démontré de façon convaincante que l’économie se porte mieux que les Canadiens ne le croient. Dans les observations qui accompagnaient l’annonce, le gouverneur de la Banque du Canada, Tiff Macklem, a cité la croissance économique, les dépenses de consommation et les investissements des entreprises comme des indicateurs ayant progressé aux deuxième et troisième trimestres de 2026.

« Malgré la faiblesse persistante des secteurs touchés par les droits de douane américains, les exportations globales se sont raffermies grâce à la vigueur de la demande américaine, à la hausse de la production d’énergie et aux signes de plus en plus nombreux que les entreprises s’adaptent à l’évolution de l’environnement commercial », a déclaré M. Macklem.

M. Macklem a toutefois prévenu que la Banque s’attend à ce que l’inflation atteigne 3,5 % d’ici la fin de l’année. Si l’inflation de 3,1 % enregistrée en septembre a contribué à la dernière hausse de taux, d’autres hausses sont probables si l’inflation atteint ou dépasse les attentes de la Banque.

Ce que la hausse de taux d’octobre de la Banque signifie pour les taux hypothécaires

Taux hypothécaires variables

Les prêteurs répercutent les variations du taux du financement à un jour en relevant ou en abaissant leur taux préférentiel. Dans le cas présent, le taux préférentiel augmentera de 25 points de base. Les taux hypothécaires variables, qui sont fondés sur le taux préférentiel, augmenteront eux aussi.

Avant l’annonce de la Banque, le plus bas taux hypothécaire variable au Canada était de 3,45 %. Il passera bientôt à 3,70 %.

Un acheteur qui verse une mise de fonds de 10 % sur une propriété de 666 538 $* et dont le prêt est amorti sur 25 ans aurait un versement hypothécaire mensuel de 3 072 $ à un taux de 3,45 %. À 3,70 %, le versement mensuel grimpe à 3 154 $.

Le propriétaire paiera 82 $ de plus par mois, soit 984 $ par année, pour son prêt hypothécaire.

*Prix moyen des propriétés à Toronto en septembre 2026 (Association canadienne de l’immeuble)

Taux hypothécaires fixes

Les décisions de la Banque du Canada n’ont pas d’effet direct sur les taux hypothécaires fixes; une hausse de taux n’a donc aucune incidence sur les taux fixes actuels. Le plus bas taux hypothécaire fixe s’établit aujourd’hui à 4,34 %, et il restera à ce niveau jusqu’à ce que les prêteurs décident de relever ou d’abaisser leurs offres.

Pour prendre ces décisions, les prêteurs se fient aux rendements des obligations du gouvernement du Canada.

Les rendements ont été extrêmement volatils ce mois-ci, les investisseurs réagissant à la persistance des prix élevés du pétrole et à la probabilité de la plus récente hausse de taux de la Banque. Les rendements à cinq ans, sur lesquels les prêteurs s’appuient pour établir leurs taux fixes de cinq ans, sont à moins de 12 points de base du sommet atteint pendant la guerre en Iran.

Voilà qui n’augure rien de bon pour une baisse marquée des taux fixes à court terme. Pour que les taux fixes redescendent autour de 4 %, les rendements devraient peut-être reculer encore de 15 à 20 points de base. Il faudra sans doute un coup de pouce, comme la fin de la guerre, pour y arriver.

Taux fixe ou variable : le débat

Dans un contexte de hausse des taux, choisir entre un taux fixe et un taux variable devient encore plus difficile. Les emprunteurs ne veulent pas faire le mauvais choix.

Mais il n’est pas juste de présumer qu’il existe une « bonne » décision évidente. Les taux fixes comme les taux variables peuvent être avantageux dans le contexte actuel. Les taux variables procurent des économies immédiates et de la souplesse; les taux fixes offrent la stabilité.

Les deux types de taux comportent aussi des risques dont les emprunteurs doivent tenir compte. À la lumière des attentes de la Banque du Canada en matière d’inflation, les taux variables pourraient augmenter à plusieurs reprises d’ici le deuxième trimestre de 2027. Quant aux prêts hypothécaires à taux fixe, il est impossible de les rompre ou de les modifier sans payer de lourdes pénalités de remboursement anticipé. Si les coûts non hypothécaires augmentent et que le remboursement d’un prêt à taux fixe devient problématique, les emprunteurs ont peu de marge de manœuvre.

Faire le « bon » choix entre un taux fixe et un taux variable, c’est choisir le type de prêt hypothécaire qui convient à votre situation financière particulière. Peu importe le type de taux retenu, envisagez d’obtenir une préapprobation hypothécaire et de bloquer un taux pour vous protéger contre de nouvelles hausses d’ici la signature de votre contrat de prêt hypothécaire.

Quel effet la hausse de taux d’octobre de la Banque du Canada aura-t-elle sur le marché immobilier canadien?

La hausse des taux hypothécaires variables devrait avoir un effet légèrement négatif sur les ventes et les prix des propriétés cet automne. Des coûts d’emprunt plus élevés sont rarement accueillis avec enthousiasme par les acheteurs.

Dans bien des cas, l’incidence sur l’abordabilité hypothécaire sera mineure. Pour l’achat d’une propriété de 500 000 $ avec une mise de fonds de 10 % et un amortissement de 25 ans, l’écart de versement mensuel entre un taux variable de 5 ans de 3,45 % et un taux de 3,70 % n’est que de 62 $.

Pour la plupart des acheteurs, ce ne sera pas un obstacle insurmontable. Les taux variables demeurent bas d’un point de vue historique. Mais si la perspective de plusieurs hausses successives rend les acheteurs méfiants à l’égard des taux variables, et qu’ils ne parviennent pas à se qualifier pour un taux fixe plus coûteux, la voie vers l’accession à la propriété est pratiquement bloquée.

En plus des problèmes d’abordabilité, les acheteurs doivent composer avec le coût élevé de la vie et l’incertitude causée par la guerre en Iran et le bras de fer économique entre les États-Unis et le Canada. Une fois que certains de ces nœuds seront dénoués, la demande de logements se redressera.

Impossible de dire quand cela se produira. Mais ce ne sera probablement pas avant la prochaine décision de taux de la Banque du Canada, en décembre.

Clay Jarvis, expert en prêts hypothécaires

Depuis plus de dix ans, Clay Jarvis écrit sur les finances personnelles, le marché immobilier canadien et les prêts hypothécaires, notamment à titre d’ancien rédacteur de Mortgage Broker News. Ses commentaires sur le logement et sur des enjeux économiques plus généraux ont été cités par le Globe and Mail, le Financial Post, CBC et Global News.