Y’a-t-il trop de nouvelles copropriétés en construction au Canada?

Idriss Bouhmouch
by Idriss Bouhmouch mai 15, 2014 / No Comments

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La demande pour des habitations en copropriété se situait entre 26 000 et 32 000 par année dans les grands centres urbains (Montréal, Toronto et Vancouver)

Comme nous pouvons facilement le constater en déambulant dans les rues de Montréal ou de toutes autres grandes villes au Canada, la construction de nouvelles copropriétés se compare avantageusement à la pousse de champignons après une abondante averse. Les chantiers se multiplient à un rythme effarant depuis quelques années. Toutefois, certains observateurs s’inquiètent de la surabondance de copropriétés qui menace d’inonder un marché déjà saturé. Cette conjoncture a cependant pour effet d’avantager les acheteurs, devant la prolifération de l’offre des copropriétés.

En qui a trait au marché montréalais, la Société canadienne d’hypothèques et de logement ne prévoit pas une baisse marquée du prix des condos, mais certains secteurs de l’île pourraient être davantage touchés par une diminution des prix. Par ailleurs, compte tenu du nombre élevé de copropriétés disponibles sur les marchés du neuf et de la revente, la SCHL prévoit un recul des mises en chantier de copropriétés dans tous les secteurs de la banlieue de Montréal en 2014.

Selon une étude commandée par Royal LePage, la demande pour des habitations en copropriété se situait entre 26 000 et 32 000 par année dans les grands centres urbains (Montréal, Toronto et Vancouver), soit une proportion importante de 43 à 53 % du nombre total de logements requis parmi tous les types d’habitations. Cependant, la production de 43 774 unités dans les principaux secteurs métropolitains du pays surpasse la demande. Au Canada, dans le milieu urbain contemporain, la copropriété représente la classe dominante des habitations. Une tendance qui se maintiendra dans un avenir rapproché.

Une comparaison des prix des appartements en copropriété et des maisons unifamiliales au cours des 20 dernières années démontre que le prix de ces deux types d’habitation a augmenté à peu près au même rythme. Dans le Grand Toronto, le prix des appartements en copropriété a augmenté de 5,1 % par année, par rapport à 5,9 % pour les maisons unifamiliales; dans le Grand Montréal, le prix des appartements en copropriété a augmenté de 5,5 % par année, par rapport à 5,1 % pour les unifamiliales; et dans le Grand Vancouver, le prix des appartements en copropriété a augmenté de 4,5 % par année, par rapport à 5,7 % pour les unifamiliales. Ces écarts pourraient toutefois s’accentuer au cours des prochaines années.

Par ailleurs, d’autres facteurs comme les aspects démographiques et la vigueur de l’économie au Canada joueront un rôle prépondérant en regard de la demande d’unités en copropriété. À cet effet, le Conference Board du Canada prévoit que la croissance de la population et l’amélioration constante, bien que modeste, de l’emploi empêcheront le marché des immeubles en copropriété de s’effondrer dans les principales villes du pays.

Des chutes de la demande se produiront tout de même, mais de façon relativement modeste, de l’ordre de 8 % dans les agglomérations de Toronto et Vancouver. Sur le plan démographique, le rapport du Conference Board estime que la croissance de la population et l’augmentation du nombre de personnes âgées de 55 ans et plus souhaitant vivre dans un immeuble en copropriété devraient soutenir le marché dans chacune des grandes villes canadiennes, tout comme la modeste croissance de l’emploi prévue à moyen terme.